
Rompre le silence familial : pourquoi parler de son histoire de famille à ses enfants change les générations suivantes
Beaucoup de parents grandissent avec une histoire familiale racontée à moitié, ou pas du tout. En devenant parents à leur tour, certains ressentent le besoin de faire différemment, de choisir consciemment ce qu'ils transmettent plutôt que de laisser le silence continuer.
Pourquoi le silence familial pose-t-il souvent plus de problèmes que la vérité elle-même ?
Un non-dit n'efface pas un événement, il le rend simplement invisible sans le faire disparaître. Les spécialistes de la psychogénéalogie observent régulièrement que ce que l'on tait par souci de protéger un enfant finit, paradoxalement, par peser davantage que si les faits avaient été nommés simplement, avec des mots adaptés à son âge.
Qu'est-ce qu'une transmission consciente ?
Transmettre consciemment, c'est choisir ce que l'on raconte à son enfant, plutôt que de reproduire automatiquement le silence, ou au contraire tout révéler sans discernement, qu'on a soi-même connu. Ça passe par une question simple : qu'est-ce que je veux que mon enfant sache de son histoire, et qu'est-ce que je veux qu'il retienne comme valeurs ?
Comment savoir quoi transmettre et quoi laisser de côté ?
Il n'est pas question de tout raconter dans le détail. La plupart des professionnels de la transmission familiale recommandent de distinguer deux choses : les faits généraux de l'histoire familiale, qui gagnent à être nommés même simplement, et les détails très personnels ou douloureux, qui peuvent être partagés plus tard, quand l'enfant est en âge de les recevoir.
Comment commencer, concrètement, sans se sentir dépassé ?
- Nommer simplement d'où vient la famille, sans entrer dans les détails difficiles dès le plus jeune âge
- Répondre honnêtement aux questions de l'enfant, même quand elles surprennent
- Mettre des mots sur les valeurs que l'on souhaite transmettre, pas seulement sur les faits
- Accepter de ne pas tout savoir soi-même : on peut transmettre même avec des zones d'ombre, comme le racontent aussi de nombreux grands-parents
Pourquoi consigner cette démarche par écrit aide-t-il ?
Mettre les choses par écrit oblige à clarifier ce que l'on souhaite vraiment transmettre, et évite que cette démarche reste une bonne intention jamais concrétisée. C'est pour cette raison que la première partie du journal Pour que tu saches est entièrement consacrée à l'histoire et aux valeurs familiales, avant même d'aborder le récit de la vie de l'enfant : écrire cette partie oblige à poser, noir sur blanc, ce que l'on choisit de transmettre.
Questions fréquentes
Faut-il consulter un professionnel pour travailler sur l'histoire familiale ?
Pas nécessairement pour simplement raconter son histoire à son enfant. Un accompagnement professionnel devient pertinent si des difficultés personnelles importantes sont en jeu, mais transmettre son histoire au quotidien ne nécessite pas de démarche thérapeutique.
Comment réagir si mon enfant pose une question à laquelle je ne suis pas prêt à répondre ?
Il est possible de reconnaître la question sans y répondre dans l'instant, en précisant qu'on y reviendra. Le silence total est ce qui pose le plus souvent problème, pas le fait de prendre le temps de répondre.
À partir de quel âge peut-on commencer cette démarche ?
Dès le plus jeune âge, avec des versions très simplifiées, en affinant le récit au fil des années et des questions de l'enfant.

